Comprendre le TSA, le TDAH et les troubles DYS chez l’enfant

brown brain decor in selective-focus photography
brown brain decor in selective-focus photography

Beaucoup de parents arrivent un jour avec ce sentiment un peu flou :
"Je sens que quelque chose est plus difficile pour mon enfant… mais je ne sais pas exactement quoi."

Peut-être que ton enfant fait souvent des crises, qu’il a du mal à gérer ses émotions, qu’il bouge beaucoup, qu’il n’arrive pas à se concentrer ou que l’école devient compliquée.

Et souvent, autour de toi, on te dit :

  • “C’est juste une phase.”

  • “Il est un peu sensible.”

  • “Ça passera.”

Mais toi, au fond, tu sens que ton enfant fonctionne différemment.

Et c’est souvent là que commencent les questions autour du TSA, du TDAH ou des troubles DYS

.Le TSA : un fonctionnement différent du monde

Le TSA (trouble du spectre de l’autisme) est un trouble du neurodéveloppement.
Cela signifie que le cerveau de l’enfant fonctionne simplement différemment dans la manière de traiter les informations, les émotions et les interactions sociales.

Depuis le DSM-5 (le manuel de référence utilisé par les professionnels pour les diagnostics), l’autisme est décrit à partir de deux grands domaines.

1️⃣ Les différences dans la communication et les interactions sociales

Un enfant TSA peut par exemple :

  • avoir du mal à comprendre les codes sociaux

  • avoir des difficultés dans les échanges réciproques

  • éviter le regard ou au contraire regarder intensément

  • avoir du mal à comprendre les émotions des autres

  • préférer jouer seul.

Cela ne signifie pas que l’enfant ne veut pas être avec les autres, mais simplement que les interactions sociales peuvent lui demander beaucoup d’efforts.

2️⃣ Les comportements répétitifs ou intérêts spécifiques

Le DSM-5 parle aussi de comportements ou intérêts particuliers comme :

  • des routines très importantes

  • une difficulté face aux changements

  • des mouvements répétitifs (se balancer, battre des mains…)

  • des passions très intenses pour certains sujets

  • des sensibilités sensorielles (bruits, textures, lumière).

Beaucoup d’enfants TSA peuvent par exemple être très sensibles :

  • aux bruits

  • aux odeurs

  • aux vêtements

  • aux lumières.

Ces sensibilités peuvent expliquer certaines réactions qui semblent incompréhensibles pour l’entourage.

Les recommandations actuelles (HAS)

La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande aujourd’hui plusieurs choses importantes :

  • repérer les signes le plus tôt possible

  • proposer des interventions précoces

  • privilégier des approches structurées et éducatives.

Parmi les approches recommandées, on retrouve notamment :

  • les approches psychoéducatives

  • les approches ABA

  • les approches TEACCH

  • l’utilisation de supports visuels

  • l’accompagnement des parents.

L’objectif n’est pas de “normaliser” l’enfant, mais de l’aider à développer ses compétences et à mieux comprendre le monde qui l’entoure.

Le TDAH : un cerveau qui fonctionne différemment

Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) est également un trouble du neurodéveloppement.

On l’associe souvent uniquement à l’hyperactivité, mais en réalité il concerne plusieurs dimensions du fonctionnement de l’enfant.

Selon le DSM-5, le TDAH repose sur deux grands types de difficultés.

1️⃣ Les difficultés d’attention

Un enfant avec un TDAH peut :

  • avoir du mal à rester concentré

  • perdre facilement ses affaires

  • oublier des consignes

  • commencer plusieurs choses sans les terminer

  • avoir du mal à s’organiser.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté.

Le cerveau de ces enfants a simplement plus de difficulté à filtrer les informations et à maintenir l’attention.

2️⃣ L’impulsivité et l’hyperactivité

Certains enfants présentent aussi :

  • une agitation motrice importante

  • des difficultés à attendre leur tour

  • une tendance à interrompre

  • des réactions impulsives.

Cela peut donner l’impression que l’enfant agit sans réfléchir, alors qu’en réalité il a souvent du mal à freiner ses réactions.

Ce que recommandent les professionnels aujourd’hui

Les recommandations actuelles insistent sur plusieurs points :

  • une évaluation globale de l’enfant

  • un accompagnement multidimensionnel

  • un soutien aux parents

  • des stratégies adaptées à l’école et à la maison.

Les approches psychoéducatives permettent par exemple de travailler :

  • l’organisation

  • la gestion des émotions

  • les compétences sociales

  • les stratégies d’apprentissage.

Et souvent, lorsque l’enfant et les parents comprennent mieux ce fonctionnement, beaucoup de tensions dans le quotidien diminuent.

Pourquoi comprendre le fonctionnement de son enfant change tout

Quand on ne comprend pas ce qui se passe, on peut vite penser que l’enfant :

  • provoque

  • n’écoute pas

  • ne fait pas d’efforts.

Mais lorsqu’on comprend le fonctionnement TSA ou TDAH, on peut commencer à adapter :

  • l’environnement

  • les attentes

  • la communication

  • les outils.

Et cela peut transformer la relation parent-enfant.

Les troubles DYS : quand certaines compétences ne deviennent pas automatiques

Les troubles DYS sont des troubles spécifiques des apprentissages.
Ils concernent la manière dont le cerveau traite certaines informations nécessaires pour apprendre.

On parle par exemple de :

  • dyslexie : difficulté dans la lecture

  • dysorthographie : difficulté dans l’orthographe

  • dyscalculie : difficulté avec les nombres et le raisonnement mathématique

  • dyspraxie : difficulté dans la coordination de certains gestes.

Ces troubles n’ont rien à voir avec l’intelligence.
Beaucoup d’enfants présentant un trouble DYS ont au contraire de très bonnes capacités, mais leur cerveau doit fournir beaucoup plus d’efforts pour certaines tâches.

Une question d’automatisation

Pour comprendre les troubles DYS, il faut parler d’un mécanisme très important dans le cerveau : l’automatisation des apprentissages.

Quand on apprend quelque chose de nouveau, le cerveau doit d’abord faire énormément d’efforts.

Prenons un exemple simple : apprendre à conduire.

Au début, tout demande une grande concentration :

  • regarder les rétroviseurs

  • gérer les pédales

  • passer les vitesses

  • surveiller la route

  • penser aux priorités.

Le cerveau doit penser à chaque geste.
Tout demande beaucoup d’attention et d’énergie mentale.

Mais avec le temps et l’entraînement, le cerveau automatise les gestes.

On n’a plus besoin de réfléchir à chaque action.
Conduire devient presque instinctif.

C’est ce qu’on appelle l’automatisation.

Ce qui se passe chez les enfants présentant un trouble DYS

Chez certains enfants présentant un ou plusieurs trouble(s) DYS, cette automatisation se met en place beaucoup plus difficilement.

Le cerveau continue à mobiliser énormément d’effort pour des tâches qui devraient devenir automatiques.

Par exemple :

  • reconnaître rapidement les lettres

  • lire un mot sans le décoder lettre par lettre

  • écrire correctement

  • se repérer dans un texte

  • poser une opération.

Là où un autre enfant lit un mot presque instantanément, l’enfant DYS doit encore mobiliser beaucoup d’énergie mentale pour décoder chaque élément.

C’est un peu comme si son cerveau restait au stade du débutant qui apprend à conduire, même après beaucoup d’entraînement.

Résultat :

  • la lecture peut être lente

  • l’écriture peut être fatigante

  • les devoirs demandent énormément d’effort.

À la fin de la journée, ces enfants sont souvent très fatigués cognitivement.

Ce que les parents observent souvent

Les parents décrivent souvent des situations comme :

  • un enfant qui met beaucoup de temps à lire

  • des devoirs qui deviennent très longs et stressants

  • des erreurs d’orthographe malgré les efforts

  • un enfant qui se décourage rapidement

  • une grande fatigue après l’école.

Et parfois l’enfant lui-même finit par penser qu’il est “moins capable que les autres”, alors que ce n’est pas le cas.

Ce qui peut vraiment aider

Les recherches et les recommandations actuelles insistent sur plusieurs éléments essentiels :

  • repérer les difficultés le plus tôt possible

  • adapter les méthodes d’apprentissage

  • utiliser des supports visuels et des stratégies adaptées

  • travailler sur la confiance et l’estime de soi.

Quand l’accompagnement est adapté, les enfants peuvent trouver des stratégies pour contourner leurs difficultés et continuer à apprendre autrement.

L’objectif n’est pas de “forcer” le cerveau à fonctionner comme celui des autres, mais d’aider l’enfant à utiliser ses forces pour progresser à son rythme.

Et si vous avez des questions sur votre enfant

Si vous vous posez des questions sur le fonctionnement de votre enfant, il peut être utile d’en parler avec un professionnel.

En tant que psychopédagogue spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement (TSA, TDAH, troubles DYS et gestion émotionnelle), j’accompagne les familles pour :

  • comprendre ce qui se joue dans certaines situations

  • mettre en place des stratégies adaptées

  • soutenir les parents dans leur rôle.

Les accompagnements peuvent se faire :

  • en cabinet à Agadir

  • ou en visio pour les familles francophones partout dans le monde.